Pourquoi mon anche de clarinette ne sonne pas ?

Vous installez votre anche, vous prenez votre clarinette, vous soufflez… et rien ne sort. Ou presque.

Le son est difficile à produire, étouffé, plein d’air, instable, trop dur, ou la clarinette se met à couiner.

La première réaction est souvent de penser :

« Mon anche est mauvaise. »

C’est parfois vrai. Mais une anche qui « ne sonne pas » peut avoir de nombreuses causes : mauvais positionnement sur le bec, anche trop sèche, force mal adaptée, anche abîmée, ligature mal serrée, problème d’embouchure, manque d’air… voire problème mécanique sur la clarinette.

Avant de jeter l’anche, il est donc utile de procéder méthodiquement.

Voici les principales causes à vérifier.


D’abord : que signifie « mon anche ne sonne pas » ?

Cette expression peut correspondre à des situations très différentes.

Le clarinettiste peut constater :

  • qu’aucun son ne sort ;
  • que le son démarre très difficilement ;
  • qu’il faut souffler énormément ;
  • que le son est faible ou étouffé ;
  • que beaucoup d’air accompagne le son ;
  • que l’anche couine ;
  • que certaines notes sortent mais pas d’autres ;
  • que le registre grave fonctionne mais pas le registre aigu ;
  • que les attaques sont difficiles ;
  • que l’anche semble beaucoup trop dure ;
  • que le son est agressif ou instable ;
  • ou simplement qu’une anche qui fonctionnait très bien la veille ne répond plus de la même manière.

Chaque symptôme peut avoir une origine différente.

La bonne méthode consiste donc à éliminer les causes les plus simples avant de modifier son embouchure ou de remettre en cause son instrument.


1. L’anche est-elle suffisamment humidifiée ?

C’est l’une des premières choses à vérifier avec une anche traditionnelle en roseau.

Une anche sèche n’a pas les mêmes caractéristiques qu’une anche correctement humidifiée. Le roseau absorbe progressivement l’humidité et devient plus souple.

Si vous installez immédiatement une anche complètement sèche et commencez à jouer, elle peut sembler :

  • trop dure ;
  • peu réactive ;
  • difficile à faire vibrer ;
  • instable ;
  • ou donner une émission peu agréable.

Que faire ?

Avant de jouer, humidifiez l’anche pendant quelques instants.

Vous pouvez :

  • la placer dans la bouche ;
  • ou humidifier son extrémité avec un peu d’eau.

Il n’est généralement pas nécessaire de la laisser tremper longtemps.

L’objectif est simplement que la partie vibrante soit correctement humidifiée avant de commencer à jouer.

Attention

Une anche extrêmement sèche et légèrement déformée peut avoir besoin d’un peu plus de temps pour retrouver sa forme.


2. L’anche est-elle correctement positionnée sur le bec ?

C’est une cause extrêmement fréquente.

L’anche doit être placée :

  • bien centrée de gauche à droite ;
  • quasiment au niveau de l’extrémité du bec ;
  • avec sa face plane correctement appliquée contre la table du bec.

Un décalage apparemment minime peut modifier la réponse.

Une anche trop basse

Lorsque l’anche est placée trop bas sur le bec, une partie importante de l’extrémité du bec reste visible.

Le musicien peut ressentir :

  • une émission difficile ;
  • une réponse irrégulière ;
  • un son dur ou cassant ;
  • des attaques moins faciles ;
  • une sensation inhabituelle de résistance.

Dans une position vraiment excessive, le fonctionnement de l’anche peut être fortement perturbé.

Une anche trop haute

Si l’anche dépasse nettement l’extrémité du bec, elle peut sembler beaucoup plus résistante.

Le clarinettiste peut alors avoir l’impression que son anche est « trop forte ».

Il souffle davantage, serre davantage l’embouchure et finit parfois par penser que l’anche ne fonctionne pas.

Avant de changer de force d’anche, vérifiez donc toujours sa hauteur.

Une anche décalée sur le côté

L’anche doit également être centrée.

Si elle est nettement décalée vers la droite ou vers la gauche, les deux côtés ne se trouvent plus dans la même position par rapport aux rails du bec.

Cela peut provoquer :

  • un son instable ;
  • une émission irrégulière ;
  • une articulation moins nette ;
  • des couacs ;
  • une différence de résistance.

Un réflexe utile

Chaque fois qu’une anche réagit anormalement, regardez d’abord votre bec de face.

Cela prend cinq secondes et permet parfois de résoudre immédiatement le problème.

Une bonne protection commence aussi par un montage précis : découvrez comment bien positionner une anche de clarinette


3. L’anche a-t-elle bougé pendant la mise en place de la ligature ?

C’est une situation très classique.

Vous positionnez correctement l’anche.

Puis vous faites glisser la ligature sur le bec.

L’anche bouge légèrement.

Vous commencez à serrer.

Elle se déplace encore.

Au final, elle peut être :

  • légèrement trop haute ;
  • trop basse ;
  • inclinée ;
  • ou décalée latéralement.

Le déplacement est parfois si faible que le musicien ne le remarque pas immédiatement.

Il commence alors à jouer et pense que l’anche est mauvaise.

C’est particulièrement fréquent chez les jeunes clarinettistes qui doivent simultanément :

  • tenir le bec ;
  • maintenir l’anche ;
  • installer la ligature ;
  • protéger la pointe ;
  • vérifier le centrage ;
  • puis serrer.

4. La ligature est-elle suffisamment serrée ?

La ligature doit maintenir l’anche fermement contre le bec.

Si elle est trop lâche, l’anche peut :

  • glisser ;
  • vibrer de manière instable ;
  • se déplacer pendant le jeu ;
  • rendre les attaques imprévisibles.

Testez très légèrement le maintien de l’anche par sa partie épaisse, sans toucher la pointe.

Elle ne doit pas se déplacer facilement.


5. La ligature est-elle trop serrée ?

À l’inverse, serrer énormément n’est pas nécessaire.

La fonction de la ligature est de maintenir l’anche.

Elle ne doit pas être transformée en étau.

Un serrage excessif peut modifier la sensation de vibration et rendre le comportement de l’ensemble plus contraint.

Le bon réglage est donc :

suffisamment serré pour empêcher l’anche de bouger, mais sans forcer inutilement sur la vis.


6. L’anche est-elle abîmée ?

Examinez attentivement sa pointe.

La partie la plus fine de l’anche est extrêmement fragile.

Une petite fissure, un éclat ou un coin abîmé peut suffire à modifier fortement son comportement.

Regardez notamment :

  • le centre de la pointe ;
  • les deux coins ;
  • les côtés ;
  • la présence éventuelle d’une fissure longitudinale.

Une anche peut parfois sembler intacte au premier regard alors qu’un coin très légèrement ébréché perturbe déjà sa vibration.

Symptômes possibles

Une anche endommagée peut provoquer :

  • des couacs ;
  • une émission difficile ;
  • un son très soufflé ;
  • un manque de stabilité ;
  • une mauvaise réponse dans certains registres.

Si vous avez un doute, comparez avec une autre anche de même force.


7. L’anche est-elle voilée ou déformée ?

Toutes les anches en roseau ne restent pas parfaitement planes.

Avec les variations d’humidité et de température, une anche peut se déformer.

Posez la partie plane de l’anche sur une surface parfaitement plate ou observez son contact avec la table du bec.

Si elle ne repose plus correctement, une petite fuite d’air peut apparaître entre l’anche et le bec.

L’anche peut alors devenir :

  • difficile à faire parler ;
  • moins stable ;
  • plus résistante ;
  • irrégulière d’un jour à l’autre.

Le stockage des anches est donc important.

Un étui à anches adapté permet généralement de les conserver plus régulièrement qu’une anche laissée libre dans sa boîte ou sur le bec.


8. L’anche est-elle trop forte ?

La force d’une anche est un élément essentiel.

Une anche trop forte ne signifie pas nécessairement une anche « meilleure ».

Si la force est trop importante par rapport :

  • au niveau du musicien ;
  • à son embouchure ;
  • à son souffle ;
  • et surtout à l’ouverture du bec,

elle peut devenir très difficile à faire vibrer.

Symptômes d’une anche trop forte

Vous pouvez ressentir :

  • une forte résistance ;
  • un démarrage difficile du son ;
  • une fatigue rapide ;
  • une tendance à serrer davantage les lèvres ;
  • une difficulté à jouer doucement ;
  • des attaques peu faciles ;
  • une sensation que l’instrument est « bouché ».

Chez un débutant, une anche beaucoup trop forte peut parfois donner l’impression que la clarinette refuse complètement de sonner.


9. L’anche est-elle au contraire trop faible ?

Une anche trop faible peut également poser problème.

Elle répond souvent facilement, mais elle peut manquer de stabilité.

Le clarinettiste peut constater :

  • des couacs ;
  • un son très brillant ou agressif ;
  • un manque de tenue lorsque l’on souffle davantage ;
  • une difficulté à contrôler certaines notes ;
  • une tendance de l’anche à se fermer contre le bec.

Si vous avez beaucoup progressé ou changé de bec, une force qui vous convenait auparavant peut devenir moins adaptée.


10. La force indiquée sur la boîte suffit-elle pour choisir une anche ?

Non.

Une force 2,5 d’une marque n’est pas nécessairement identique à une force 2,5 d’une autre marque.

Les gammes diffèrent également à l’intérieur d’une même marque.

Deux éléments doivent être considérés ensemble :

le bec + l’anche.

Un bec très ouvert nécessite généralement une approche différente d’un bec plus fermé.

Le niveau et les préférences du musicien interviennent également.

Il n’existe donc pas une force universelle convenant à tous les clarinettistes.


11. Toutes les anches d’une même boîte sonnent-elles de la même manière ?

Malheureusement, non.

Le roseau est un matériau naturel.

Deux anches portant exactement la même référence et la même force peuvent présenter des différences de :

  • densité ;
  • fibres ;
  • flexibilité ;
  • symétrie ;
  • épaisseur réelle ;
  • comportement vibratoire.

C’est pourquoi un clarinettiste peut ouvrir une boîte et constater qu’une anche semble immédiatement excellente tandis qu’une autre paraît plus résistante.

Cela ne signifie pas nécessairement que cette deuxième anche est inutilisable.

Elle peut parfois évoluer après plusieurs utilisations.


12. Une anche neuve doit-elle être jouée immédiatement longtemps ?

Ce n’est généralement pas la meilleure méthode.

Une anche neuve peut évoluer au cours de ses premières utilisations.

Beaucoup de clarinettistes préfèrent donc la jouer progressivement plutôt que pendant une longue séance dès le premier jour.

Cette période permet :

  • au roseau de s’humidifier progressivement ;
  • au musicien d’observer son comportement ;
  • d'éviter d'user immédiatement une anche qui vient d'être ouverte.

On parle parfois de « rodage » des anches.


13. Le problème vient-il du bec ?

Une anche ne fonctionne jamais indépendamment du bec.

Si toutes vos anches deviennent soudainement difficiles sur le même bec, examinez également celui-ci.

Vérifiez :

  • que la table est propre ;
  • qu’aucun résidu n’est présent ;
  • que le bec n’est pas endommagé ;
  • que son extrémité n’a pas reçu de choc.

Un petit dépôt séché entre l’anche et la table peut empêcher un contact correct.

Nettoyez donc régulièrement votre bec conformément aux recommandations du fabricant.


14. Le bec ou l’anche sont-ils sales ?

De petits dépôts peuvent suffire à perturber l’ensemble.

Après avoir joué, l’humidité et les résidus peuvent s’accumuler.

Avant de monter une anche :

  • assurez-vous que la table du bec est propre ;
  • vérifiez que la face plane de l’anche ne présente pas de dépôt ;
  • essuyez délicatement si nécessaire.

Le contact entre l’anche et le bec doit être aussi régulier que possible.


15. Et si le problème venait de l’embouchure ?

C’est évidemment possible.

L’anche peut être parfaitement positionnée et en excellent état, mais ne pas vibrer correctement si le musicien exerce une pression trop importante.

Embouchure trop serrée

Si vous pincez excessivement l’anche contre le bec, vous réduisez sa possibilité de vibrer.

Dans les cas extrêmes, vous pouvez pratiquement fermer l’ouverture.

Le résultat peut être :

  • aucun son ;
  • un son étouffé ;
  • une forte résistance ;
  • des couacs lorsque vous relâchez soudainement.

Le réflexe fréquent lorsque le son ne sort pas est de serrer davantage.

Or cela peut justement aggraver le problème.


16. Une embouchure trop relâchée peut-elle également poser problème ?

Oui.

Si l’ensemble n’est pas suffisamment stabilisé par les lèvres, le son peut devenir :

  • très soufflé ;
  • instable ;
  • difficile à contrôler ;
  • accompagné de couacs.

Le travail de l’embouchure consiste donc à trouver un équilibre.

La lèvre inférieure soutient l’anche sans empêcher sa vibration.


17. La quantité de bec en bouche est-elle correcte ?

La position du bec dans la bouche joue également un rôle.

Si vous prenez trop peu de bec, l’anche peut avoir beaucoup de difficulté à vibrer librement.

Si vous prenez excessivement de bec, le contrôle peut devenir beaucoup plus difficile et provoquer des couacs.

Le professeur de clarinette est évidemment la meilleure personne pour corriger ce paramètre, car il dépend également du bec et de la morphologie du musicien.


18. Soufflez-vous suffisamment ?

La clarinette a besoin d’une colonne d’air stable.

Un débutant peut parfois avoir peur de souffler.

Il produit alors un filet d’air insuffisant pour mettre correctement l’anche en vibration.

Le résultat est souvent :

  • un son faible ;
  • un démarrage hésitant ;
  • beaucoup de souffle sans véritable son ;
  • ou aucune émission.

Il ne s’agit pas nécessairement de souffler « très fort », mais de fournir un air continu, stable et suffisamment énergique.


19. Le problème vient-il de la langue ?

La langue intervient notamment au moment de l’attaque.

Si elle reste contre l’anche ou se retire maladroitement, le son peut être difficile à déclencher.

Pour tester simplement une anche sans se préoccuper de l’articulation, essayez de produire un son en commençant uniquement avec l’air.

Si l’instrument sonne facilement ainsi mais devient problématique avec l’attaque de langue, l’anche n’est probablement pas la cause principale.


20. Pourquoi ma clarinette couine-t-elle ?

Le fameux « couac » peut avoir de nombreuses causes.

Parmi les plus fréquentes :

  • anche mal positionnée ;
  • anche abîmée ;
  • anche trop faible ;
  • embouchure instable ;
  • doigt qui ne bouche pas complètement un trou ;
  • clé insuffisamment fermée ;
  • changement de registre mal maîtrisé ;
  • pression ou position de langue inadaptée.

Un couac isolé ne signifie donc pas automatiquement que l’anche est mauvaise.


21. Pourquoi certaines notes sortent-elles et pas d’autres ?

C’est un indice important.

Si l’anche produit normalement certaines notes mais que quelques notes seulement refusent systématiquement de sortir, le problème ne vient pas forcément de l’anche.

Vérifiez d’abord vos doigts.

Sur une clarinette, un trou qui n’est pas parfaitement bouché peut provoquer :

  • une note qui ne sort pas ;
  • un couac ;
  • une mauvaise réponse ;
  • une note qui passe dans un autre registre.

Chez les débutants, c’est extrêmement fréquent.


22. Une fuite sur la clarinette peut-elle donner l’impression que l’anche ne fonctionne pas ?

Oui.

Si un tampon ne ferme plus correctement, si une clé est déréglée ou si un ressort pose problème, l’instrument peut devenir très difficile à jouer.

Une fuite peut notamment provoquer :

  • une mauvaise émission dans le grave ;
  • des notes impossibles à produire ;
  • des changements de registre difficiles ;
  • une sensation de résistance inhabituelle.

Si plusieurs anches différentes produisent exactement le même problème, il faut commencer à suspecter l’instrument.


23. Comment savoir si le problème vient de l’anche ou de la clarinette ?

Faites un test très simple.

Prenez :

  1. une anche dont vous savez qu’elle fonctionnait correctement ;
  2. positionnez-la soigneusement ;
  3. jouez l’instrument.

Si le problème reste exactement identique avec plusieurs bonnes anches, il est moins probable que l’anche soit responsable.

Si possible, faites également tester la clarinette par :

  • votre professeur ;
  • un clarinettiste expérimenté ;
  • ou un réparateur.

Un musicien expérimenté peut souvent déterminer très rapidement si la difficulté vient du matériel ou du musicien.


24. Le test du bec seul

Pour isoler certains problèmes, un professeur peut demander à l’élève de jouer uniquement avec :

bec + anche + ligature, sans la clarinette.

Si l’anche vibre correctement dans cette configuration, cela permet d’écarter plusieurs causes.

Si aucun son ne peut être produit avec le bec seul, il faut alors regarder principalement :

  • le positionnement de l’anche ;
  • sa force ;
  • son état ;
  • l’embouchure ;
  • et le souffle.

Cette méthode est particulièrement intéressante dans l’apprentissage.


25. Que faire lorsqu’une anche qui fonctionnait hier ne sonne plus aujourd’hui ?

C’est une situation courante.

Commencez par vérifier :

  1. son humidification ;
  2. son positionnement ;
  3. son centrage ;
  4. son état ;
  5. sa planéité ;
  6. la ligature ;
  7. la propreté du bec.

Les conditions atmosphériques peuvent également jouer un rôle.

Le roseau réagit à l’humidité et à la température.

Une anche peut donc présenter des sensations légèrement différentes d’un jour à l’autre.


26. Faut-il jeter immédiatement une anche difficile ?

Pas nécessairement.

Avant de l’écarter, essayez-la à nouveau après :

  • une bonne humidification ;
  • un repositionnement précis ;
  • quelques minutes de jeu ;
  • puis éventuellement lors d’une autre séance.

Mais si elle est visiblement fendue ou fortement endommagée, il est généralement préférable de la remplacer.


27. Faites tourner plusieurs anches

Plutôt que de jouer toujours la même anche jusqu’à son épuisement, beaucoup de clarinettistes utilisent plusieurs anches en rotation.

Par exemple :

Anche A → Anche B → Anche C → Anche D

Cette méthode présente plusieurs avantages :

  • chaque anche a le temps de sécher correctement ;
  • l’usure est répartie ;
  • vous disposez toujours d’une anche de remplacement ;
  • vous apprenez à comparer différentes sensations.

Numéroter ses anches peut également être très pratique.


28. Le positionnement doit être reproductible

Un problème souvent sous-estimé est la reproductibilité.

Imaginez qu’une anche soit placée légèrement différemment chaque jour.

Le lundi, elle est un peu basse.

Le mardi, légèrement haute.

Le mercredi, légèrement décalée.

Le musicien peut alors avoir l’impression que l’anche change constamment de comportement.

Pourtant, c’est parfois simplement son montage qui change.

Un positionnement reproductible permet donc de supprimer une variable importante.


29. C’est précisément sur ce point qu’intervient Easy Lig

Easy Lig a été développée pour simplifier le montage et le positionnement de l’anche sur le bec de clarinette.

Avec une ligature traditionnelle, l’anche est généralement placée directement sur le bec.

Le musicien doit ensuite la maintenir pendant qu’il installe la ligature.

C’est précisément pendant cette opération que l’anche peut :

  • glisser ;
  • se décentrer ;
  • descendre ;
  • monter ;
  • ou être accidentellement touchée.

Easy Lig propose une autre méthode.

L’anche est d’abord placée dans la ligature Easy Lig, puis l’ensemble ligature + anche est installé sur le bec.


30. Quel est l’intérêt de ce principe ?

Le système Easy Lig vise à faciliter :

  • le centrage de l’anche ;
  • son positionnement ;
  • la reproductibilité du montage ;
  • la rapidité de préparation ;
  • la protection de la pointe pendant les manipulations.

Cela peut être particulièrement utile lorsqu’un musicien pense :

« Cette anche ne sonne pas. »

Avant d’accuser l’anche, il est important d’être certain qu’elle est réellement montée correctement.

En facilitant un positionnement régulier, Easy Lig permet d’éliminer plus facilement cette cause parmi les différentes possibilités.


31. Easy Lig peut-elle faire sonner une mauvaise anche ?

Non.

C’est important de le préciser.

Easy Lig ne peut pas réparer :

  • une anche fendue ;
  • une anche beaucoup trop forte ;
  • une anche trop faible ;
  • une anche fortement voilée ;
  • une mauvaise embouchure ;
  • une fuite sur la clarinette.

Son rôle est différent.

Easy Lig facilite le montage, le centrage et le maintien de l’anche dans une position régulière.

Cela permet de partir d’une configuration plus fiable pour évaluer réellement le comportement de l’anche.


32. Pourquoi est-ce particulièrement intéressant pour un débutant ?

Un jeune clarinettiste qui n’arrive pas à produire un son se demande rarement immédiatement :

« Mon anche est-elle décalée d’un millimètre ? »

Il pense plutôt :

« Je n’y arrive pas. »

Il souffle davantage.

Il serre ses lèvres.

Il recommence.

Et il peut rapidement se décourager.

Si le problème vient simplement du montage de l’anche, toutes ces corrections sont inutiles.

En réduisant la difficulté liée au positionnement, Easy Lig permet au débutant de se concentrer davantage sur :

  • son souffle ;
  • son embouchure ;
  • sa posture ;
  • ses doigts ;
  • et la musique.

33. Et pour un clarinettiste expérimenté ?

Un musicien expérimenté sait parfaitement monter une anche.

Mais il peut tout de même apprécier :

  • un montage rapide ;
  • une position reproductible ;
  • moins de manipulations ;
  • une installation simple lors d’un changement d’anche ;
  • une meilleure constance pour comparer différentes anches.

Le problème du positionnement ne concerne donc pas seulement les débutants.

Il devient simplement moins visible avec l’expérience.


Diagnostic rapide : pourquoi mon anche ne sonne-t-elle pas ?

Voici un ordre de vérification simple.

1. Regardez l’anche

Est-elle :

  • humide ?
  • intacte ?
  • sans fissure ?

2. Regardez son positionnement

Est-elle :

  • centrée ?
  • quasiment alignée avec l’extrémité du bec ?
  • bien à plat ?

3. Vérifiez la ligature

Est-elle :

  • correctement positionnée ?
  • suffisamment serrée ?
  • sans serrage excessif ?

4. Essayez une autre anche

Utilisez une anche :

  • de même marque ;
  • de même force ;
  • dont vous connaissez le comportement.

5. Vérifiez votre embouchure

Essayez de ne pas pincer excessivement.

6. Utilisez un air franc et continu

Ne cherchez pas uniquement à souffler plus fort.

Cherchez surtout une colonne d’air stable.

7. Vérifiez vos doigts

Tous les trous doivent être parfaitement bouchés.

8. Si le problème persiste avec plusieurs anches

Faites tester la clarinette par votre professeur ou un réparateur.


Tableau des problèmes les plus fréquents

Symptôme Causes possibles Première vérification
Aucun son Anche trop dure, mal positionnée, embouchure trop serrée Position de l’anche
Son très difficile Anche trop forte, trop haute, sèche Humidification et hauteur
Beaucoup d’air Anche mal appliquée, embouchure, fuite Contact anche/bec
Couacs Anche abîmée, trop faible, doigts, embouchure Pointe de l’anche
Son étouffé Anche trop forte, embouchure serrée Force et pression des lèvres
Son agressif Anche trop faible, position incorrecte Force et position
Attaque difficile Anche sèche, trop forte ou mauvais positionnement Humidification
Grave difficile Fuite, doigts, anche Fermeture des trous
Aigu difficile Embouchure, air, anche ou instrument Tester une autre anche
Anche différente chaque jour Humidité, position variable Montage reproductible

Les 10 contrôles à faire avant de jeter une anche

Avant de déclarer qu’une anche « ne sonne pas », vérifiez :

1. Est-elle suffisamment humidifiée ?

2. Est-elle centrée sur le bec ?

3. Sa hauteur est-elle correcte ?

4. Est-elle bien à plat ?

5. Sa pointe est-elle intacte ?

6. La ligature la maintient-elle correctement ?

7. La force de l’anche est-elle adaptée ?

8. Le bec est-il propre ?

9. Votre embouchure laisse-t-elle l’anche vibrer ?

10. Le même problème apparaît-il avec une autre anche ?

Ce contrôle de quelques minutes permet souvent d’éviter de jeter inutilement une bonne anche.

La protection de l’anche fait aussi partie des critères à considérer pour choisir sa ligature de clarinette.


En résumé

Lorsqu’une anche de clarinette ne sonne pas correctement, l’anche elle-même n’est pas forcément responsable.

Les principales causes sont :

  • une anche insuffisamment humidifiée ;
  • un mauvais positionnement ;
  • une anche décentrée ;
  • une ligature mal serrée ;
  • une anche abîmée ou voilée ;
  • une force inadaptée ;
  • une embouchure trop serrée ou trop relâchée ;
  • un manque de soutien d’air ;
  • des doigts mal positionnés ;
  • ou un problème mécanique de l’instrument.

La meilleure démarche consiste à procéder méthodiquement.

Commencez toujours par vérifier le montage de l’anche.

C’est rapide, simple et c’est l’une des causes les plus faciles à corriger.

Easy Lig intervient précisément sur cette étape : l’anche est d’abord placée et guidée dans la ligature, puis l’ensemble est installé sur le bec, afin de faciliter son centrage et d’obtenir un montage plus régulier et reproductible.

Ainsi, lorsque l’instrument ne répond pas comme prévu, vous pouvez plus facilement éliminer le positionnement de l’anche de la liste des causes possibles.

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